dimanche 14 avril 2013

Prendre le temps (2)

Tous les jours, j'entends ceci : je n'ai pas le temps, je suis pressé(e), je suis en retard, etc... Et là, je pense toujours à cette célèbre phrase : rien ne sert de courir... Si les gens prenaient le temps de prendre du temps, ils réaliseraient à quel point l'essentiel est bel et bien de partir à point. Soyons pragmatiques, tout est question d'organisation.



Afin d'avoir du temps pour ETRE, je me lève vers 4h30, 5h00 (et je suis contre "l'heure d'été", mais c'est un autre sujet). Ainsi, j'ai le temps de faire zazen, j'ai le temps de boire le thé dans la plus pure sérénité, j'ai le temps de petit-déjeuner au calme, et j'ai parfois le temps d'écrire deux ou trois conneries sur le web !



On peut organiser son temps comme on le souhaite, dès l'instant qu'on est suffisamment prévoyant. Car avoir du temps pour le thé, c'est avoir du temps pour ETRE. On peut ainsi réaliser que l'idée du "temps passe vite" n'est qu'une simple vue de l'esprit. Le temps pour ETRE donne l'occasion de se défaire de l'emprise du temps. Lorsqu'on est centré et présent à soi-même, nul besoin d'être ailleurs, que se soit dans l'espace ou dans le temps.



C'est maintenant qu'il faut prendre le temps. Après, il sera trop tard. Le cycle naturel de la vie n'attend personne. Inutile de remettre à plus tard. Savourer le moment présent permet de ressentir une intensité et donne la satisfaction de ne pas "avoir perdu son temps". La vie peut apparaître sous un nouveau jour lorsque l'on cesse de courir après... après quoi d'ailleurs ?



Et pendant que nous y sommes, pourquoi ne pas prendre le temps d'apprécier le temps qu'il fait. Là aussi il y a du boulot ! Pourquoi se laisser abattre par les aléas de la météo ? Encore une fois, on peut décider (avec une détermination à toute épreuve) de ne pas se laisser happer par la tendance générale qui veut que le temps détermine notre humeur. Soyons ouverts, et embrassons les nuages (blancs ou gris), la pluie, le vent, le froid, le chaud, et tout le reste... Certes, d'un point de vue physiologique nous avons besoin d'une certaine dose de lumière. Et pour l'obtenir, qu'il fasse beau ou pas, il suffit tout simplement de sortir !



En laissant tomber tout notre bazar mental et émotionnel, on peut tout simplement s'unir au temps qui passe, au temps qu'il fait. L'être humain a une capacité à tout compliquer de manière inouïe. Et, à un moment donné, il a besoin de retrouver l'essentiel. Alors si par tous les temps, vous prenez le temps de savourer un thé dans la quiétude et la lenteur, de sortir pour prendre l'air et la lumière, vous vous rapprocherez de la simplicité authentique (vertu du thé qui se pratique au quotidien, et dans tous les domaines).



Mon planning est actuellement très chargé (printemps oblige), et je me suis surprise à penser : pas le temps d'écrire un billet et de le poster, pas le temps de naviguer à travers les blogs, etc... Mais c'est faux ! Car en réalité, il fallait que je me botte les fesses, et que je décide fermement de consacrer du temps à ces activités qui me font plaisir. Comme je le disais, prendre le temps est une question d'organisation et de détermination. Où que je sois, quoi que je fasse, je trouve toujours du temps pour déguster un bon thé. C'est donc de la même manière que je peux prendre du temps pour tout ce qui est important.

PHOTOS : il y a mille façons d'utiliser une tasse à thé (pour des fleurs des champs coupées sans tiges par un petit enfant, pour cuire des "gâteaux éponges" dans un panier vapeur, mais aussi pour boire du thé !)

5 commentaires:

  1. Très bel article Charlotte : MERCI d'avoir pris le temps de l'écrire (et de t'"être botté les fesses" pour cela !!).
    C'est très zen ce que tu écris : notre capacité inouïe à tout compliquer, l'attitude positive qui consiste à tout "embrasser" comme tu écris...Ça me rappelle une calligraphie de Maître Deshimaru qui dit "Même si nous n'aimons pas les mauvaises herbes, elles poussent. Même si nous aimons les fleurs, elles fanent".

    Tu te lèves vers 4h30-5h du matin : impressionnant ! Et te n'as pas de coup de fatigue la journée ? Tu te couches à quelle heure ? (sans vouloir être indiscret hein...:-)

    RépondreSupprimer
  2. Je suis conçue pour me lever super tôt, car si je me lève plus tard, je me sens vraiment moins bien. J'ai souvent un petit coup de barre après le repas de midi, alors si je peux faire une mini sieste, je ne m'en prive pas (mais pas une grosse sieste, sinon après, rien ne va plus). Et alors le soir, je me couche à 22h grand maximum... En France, je passe souvent pour une extraterrestre avec de tels horaires, par contre en Chine, il y a beaucoup de gens dans ce rythme-là (lever tôt, manger tôt, coucher tôt), et alors je me sens plus "dans le coup" ! :-)

    Belle phrase de Maître Deshimaru, et qui correspond tout à fait à ce que je voulais dire. Le fait de "se botter les fesses", c'est zen aussi, tout comme la détermination...

    RépondreSupprimer
  3. Oui la détermination est importante aussi : une foi inébranlable, un doute massif et une volonté à toute épreuve. C'est le triptyque que répète Maître Taïkan Jyoji dans son livre 'Itinéraire d'un maître zen venu d'occident' : très très inspirant.

    RépondreSupprimer
  4. Merci Charlotte pour ce bel article qui me rappelle combien il est précieux de prendre le temps, mais aussi de prendre son temps.
    Il est temps d'aller au lit maintenant... bonne nuit.

    RépondreSupprimer
  5. Lionel
    Ah, je vois que tu connais Maître Jyoji ! En effet, ses ouvrages sont à la fois une source d'inspiration et une source de motivation dans la pratique. Et je recommande vivement chacun de ses livres... mais aussi d'aller faire un tour au Centre de la Falaise Verte pour vivre une expérience zen rinzai !

    Paul
    Merci à toi de prendre le temps de laisser un commentaire. Aussi, suis-je contente si cela t'as fait une petite piqure de rappel.

    RépondreSupprimer